25/11: mesures fortes contre les violences et relance de la campagne de sensibilisation « Le Journal de Marie » qui dure désormais toute l’année

À l’approche du 25 novembre, Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes, la Wallonie, la Fédération Wallonie-Bruxelles et la Commission communautaire française (COCOF) s’unissent une nouvelle fois et relancent ensemble la campagne de sensibilisation « Le Journal de Marie – Rien ne justifie la violence conjugale! » qui met en scène le quotidien d’une victime.

À l’initiative des Ministres compétentes des entités fédérées francophones; Alda Greoli, vice-Présidente de la Wallonie et de la Fédération Wallonie-Bruxelles, en charge de l’Égalité des chances et des Droits des femmes, Isabelle Simonis, Ministre des Droits des femmes et de l’Égalité des chances à la Fédération Wallonie-Bruxelles, Céline Fremault, Ministre de l’Action sociale et de l’Aide aux personnes à la Commission communautaire française, « Le Journal de Marie », qui émane des célèbres campagnes antérieures « Fred et Marie », vient officiellement d’être relancé.

Cette initiative s’échelonne, pour la première fois, tout au long de l’année, pour encourager les personnes victimes de violences à sortir davantage du silence et les orienter vers des services spécialisés. Cette politique de phasage, déjà testée partiellement en 2016, a déjà permis d’accroitre le nombre d’appels à la Ligne écoute violences conjugales. Au cours des derniers mois, le 0800 30 030 a enregistré, par mois, une centaine d’appels supplémentaires de victimes ou de membres de leur entourage. Alors que le nombre d’appels tournait autour des 3000 par an, ce nombre est déjà dépassé, en novembre 2017, pour atteindre quelques 3 400 appels.  

Autre nouveauté, la campagne se déploie cette année dans les transports en commun (métros, trams et bus) de Wallonie et de Bruxelles. Elle se retrouve également:

  • En télévision et radio et ce, jusqu’à la fin décembre. 
  • Dans les différentes publications et journaux des mutuelles francophones.
  • Sur internet, aux adresses suivantes: www.journaldemarie.be et www.violenceentrepartenaires.be, où des informations relatives aux mécanismes de prise en charge des victimes comme la ligne gratuite écoute violence conjugale (0800/30.030) ainsi que différents accès vers des structures d’accueil et d’accompagnement sont proposés.
  • Dans les salles d’attente des médecins généralistes, soit plus de 4600, ce qui est également une première.

75 000 badges, 62 000 dépliants et 50 000 cartes de visite ont également été réalisés pour l’occasion. Les trois Ministres viennent d’ailleurs d’envoyer ces nouveaux supports à l’ensemble de leurs services.

« Le Journal de Marie », budgété à hauteur de 60 000 euros, s’inscrit dans le cadre du Plan d’action intra-francophone 2014-2019 de lutte contre les violences et est également l’occasion pour les Ministres de présenter leur actualité, projets et priorités respectives dans ces matières, à savoir principalement:

- En Wallonie, le soutien aux victimes avait commencé, dès le 8 mars dernier. Depuis la dernière Journée internationale des droits des femmes, la Ligne écoute violences conjugales (0800/30 030) est accessible 24h/24 et 7 jours sur 7. Auparavant, les personnes formant le 0800/30 030 en dehors des heures de permanence, soit après 19 heures et jusque 9 heures, ainsi que les week-ends et jours fériés, arrivaient sur un répondeur renvoyant l’appelante vers le sitewww.ecouteviolencesconjugales.be ou vers la police. Un nouvel accord de coopération, à l’initiative de la Wallonie, en collaboration avec la COCOF, Télé Accueil et les Pôles de ressources spécialisées en violences conjugales et intrafamiliales, permet désormais d’assurer une écoute continue. Par ailleurs, un décret sur les services ambulatoires qui accompagnent les victimes et les auteurs de violences conjugales et fondées sur le genre, a aussi été approuvé, en 2e lecture, le 26 octobre 2017, par le Gouvernement wallon et présenté au secteur, le 13 novembre dernier. Ce décret, outre la reconnaissance du travail des services, contribuera à pérenniser et augmenter leurs moyens. Il vise une prise en charge des victimes plus équilibrée sur l’ensemble de la Wallonie et de tous les types de violences (pas seulement, limitées aux violences conjugales), conformément à l’esprit de la Convention d’Istanbul.

- En Fédération Wallonie-Bruxelles, afin de former les intervenants de première ligne, professionnels ou futurs professionnels dans les filières paramédicales, sciences humaines et sociales par exemple, à mieux identifier et à orienter les victimes de violences de manière adéquate, 4 modules de cours spécifiques liés aux violences seront disponibles au plus tard le 1er janvier 2018 dans 6 « écoles pilotes » de l’Enseignement de promotion sociale. Ces modules de cours, d’ores et déjà prêts, aborderont notamment les violences basées sur le genre, les violences conjugales ainsi que les mutilations génitales. En outre, un projet de décret, en cours d’élaboration, devrait venir pérenniser le soutien financier croissant apporté aux associations de terrain actives dans ces matières. À cet égard, la Ministre Simonis déposera un texte sur la table du Gouvernement dans le courant du premier semestre 2018.  

- Au niveau de la COCOF,  Céline Fremault a mis en œuvre un dispositif complet visant à la prise en charge urgente physique et psychosociale des victimes de violences conjugales et intrafamiliales jusqu’à leur mise à l’abri complète dans un nouveau logement. Ainsi, outre la mise en place dès 2016 d’un quota de 3 % de logements sociaux à destination des victimes sortant de maisons d’accueil, la Ministre a agréé en 2017 une toute nouvelle structure destinée aux victimes de violences conjugales et à leurs enfants, qui permet d’accueillir 25 personnes. Il s’agit d’un refuge secret agréé en COCOF avec un financement aux alentours de 450 000 euros par an. Par ailleurs, il est également prévu d’ouvrir en 2018 une nouvelle maison d’accueil pour les familles monoparentales avec trente nouvelles places. Enfin, la Ministre finance, à hauteur de 10 000 euros par an depuis 2017, un réseau d’associations sur le modèle du Pôle de ressources spécialisées en cette matière et existant en Wallonie. Dans ce cadre, ont été organisées en 2017, 6 journées de formation à destination de 30 travailleuses et travailleurs du Centre de Prévention des violences Conjugales et Familiales et de La Maison Rue Verte. Le cœur de cette formation porte sur le processus de domination conjugale. Cette formation est donnée par deux formateurs des Pôles de Ressources, l’un disposant d’une expertise dans l’accompagnement des auteurs et l’autre, dans l’accompagnement des victimes. Les échanges entre ces partenaires ont été fructueux et jettent les bases d’un pont entre la Wallonie et Bruxelles en ce qui concerne le partage d’un modèle commun avec lequel la dangerosité des situations peut être analysée et traitée. Ils renforcent aussi, sur le terrain spécifiquement bruxellois, les liens entre Praxis et les associations travaillant avec les victimes. En 2018, cette proposition de formation sera renouvelée auprès du secteur. 

 

Contacts presse 

Stéphanie Wilmet – Porte-parole d’Isabelle Simonis: 0479/44.25.36

Jérôme HARDY– Porte-parole d’Alda Greoli: 0497/54.02.51

Kathrine JACOBS – Porte-parole de Céline Fremault: 0474/62.40.43