Supporters de l'égalité hommes-femmes

CONTEXTE

En Belgique, à travail égal, on compte encore environ 20 % de différence salariale entre femmes et hommes. Près de 90 % des temps partiels sont pris par les femmes, ce qui induit une diminution du salaire poche et des pensions. Dans la sphère privée, 25 % des femmes ont subi des violences sexuelles de la part de leur (ex)partenaire. Par ailleurs, la grande majorité des tâches ménagères est toujours effectuée par ces dernières.

Ces quelques constats nous indiquent que l’égalité entre hommes et femmes n’est toujours pas réelle aujourd’hui.

Pour parvenir à l’égalité, au-delà de la responsabilité des pouvoirs publics, de l’action des mouvements et associations de femmes, l’engagement de chacun est indispensable, en ce compris celui des hommes !

À cet égard et en marge du 8 mars, Journée internationale des Droits des femmes, la Ministre des Droits des femmes de la Fédération Wallonie-Bruxelles, Isabelle Simonis a souhaité impulser une action de sensibilisation qui vise à engager les hommes en faveur de l’égalité hommes-femmes.

« Pour tendre vers l’égalité réelle entre les hommes et les femmes, un travail quotidien de la part de l’ensemble des actrices et acteurs de la société est nécessaire, c’est toutes et tous ensemble que nous parviendrons à plus d’égalité.  Pour cela, il est donc également fondamental que les hommes s’engagent avec les femmes dans un dialogue constructif et respectueux de l’autre », précise la Ministre Simonis.  

Pour ce faire et afin de toucher le public cible masculin de la manière la plus large possible, le football, sport populaire par excellence qui rassemble un grand nombre d’hommes toutes catégories sociales confondues, dans un esprit de convivialité et de loisirs, est apparu comme étant un vecteur privilégié de sensibilisation à envisager.

Dès lors, après quelques contacts et rencontres, la grande majorité des clubs de football francophones de Division 1 à savoir, le Royal Excel Mouscron, le Sporting de Charleroi et le Standard de Liège, a rapidement accepté de s’inscrire dans la démarche et de devenir partenaire du projet.

« Le Sporting de Charleroi est généralement sensible aux thématiques de société. Il était donc naturel pour nous de soutenir cette action en faveur de l’égalité hommes-femmes. Par ailleurs, avec des supportrices assidues en tribune mais aussi des collaboratrices de qualité au sein du personnel du club, le Sporting vit et grandit quotidiennement en présence des femmes. » précise le Sporting de Charleroi.

 

« Le football et, le sport en général, sont de véritables vecteurs de lien social. À cet égard et dans un esprit d’inclusion, le Royal Excel de Mouscron voulait montrer l’exemple en participant activement à cette campagne en faveur de l’égalité hommes-femmes. Au-delà de cette action, notre club reste également attentif à ce principe puisque notre équipe administrative est quasi paritaire », ajoute le Royal Excell de Mouscron.

Les 3 clubs ont également accepté d’être le point d’accroche de cette action de sensibilisation qui investit donc l’univers du football et propose aux hommes, à travers ce canal, de devenir « Supporters de l’égalité hommes-femmes ».

 

« SUPPORTERS DE L’ÉGALITÉ HOMMES-FEMMES » : LA CAMPAGNE

La campagne « Supporters de l’égalité hommes-femmes » invite donc les hommes à s’engager auprès des femmes en faveur de l’égalité. À cet égard, l’objectif poursuivi est double : non seulement l’action vise à conscientiser les hommes aux inégalités persistantes entre hommes et femmes, mais elle leur propose également quelques petits changements concrets à adopter pour devenir des « Supporters de l’égalité » au quotidien.

Pour convaincre ce public de s’impliquer, l’accroche de départ de la campagne consiste à demander aux hommes de soutenir les droits des femmes comme ils soutiennent les joueurs de leur club de football préféré, de devenir de fervents « Supporters de l'égalité hommes-femmes ». 

Différentes actions ont donc été pensées et conçues en investiguant l’univers du football. Ces dernières se dérouleront du 15 février au 8 mars 2018, date de clôture de l’action de sensibilisation.

 

Tout d’abord, le site internet central de la campagne - www.supportersdelegalite.be - héberge les supports réalisés, un quizz informatif mais surtout des actions quotidiennes que peuvent effectuer les hommes en faveur de d’égalité. À titre d’exemples, dans leur vie de tous les jours, les hommes sont, notamment, invités à:

  • Participer de façon plus équitable aux tâches ménagères.
  • Partager les frais de contraception.
  • Prendre leur congé de paternité (qui n’est pas obligatoire).
  • Prendre et partager leur congé parental.
  • Agir face à des situations de sexisme ou de harcèlement.
  • Encourager une éducation sans stéréotypes sexistes pour leurs enfants, en laissant par exemple ces derniers découvrir les loisirs et les sports qu’ils affectionnent.
  • Donner le double nom de famille aux enfants.

 

 En marge du 8 mars, 3 matchs « thématiques » portant le message de l’égalité hommes-femmes ont également été identifiés par les clubs. Il s’agit respectivement de : 

Mouscron - Waasland Beveren, le 18 février à 20h.

Standard - Malines, le 3 mars à 20h.

Charleroi - Saint-Trond, le 3 mars à 20h.

Dans ce cadre, différentes actions de visibilité et de promotion de la campagne ont été prévues par les clubs et plusieurs de leurs supporters :

Royal Excel Mouscron

Un tifo de 5x7m arborant le slogan de la campagne sera déroulé durant le match, un des chants des supporters Mouscronnois revisité aux tonalités de l’égalité hommes-femmes sera chanté. Une série de t-shirts de l’action sera portée dans les tribunes. Les joueurs, pour leur part, devraient effectuer leur entrée sur le terrain accompagnés de supportrices.

Sporting de Charleroi

Un tifo de 18x13m sera déployé et 900 t-shirts floqués au slogan de la campagne seront portés par les supporters le jour du match.

Standard de Liège

Un tifo de 5x7m sera porté par les supporters et le visuel de la campagne sera affiché sur le ledboarding et le scorebording. Quant aux joueurs, ils monteront sur le terrain en compagnie de supportrices et leurs maillots seront floqués du logo de la campagne.

 

 

En amont de ces 3 matchs, 3 vidéos comportant principalement une revisite des chants de supporters aux tonalités de l’égalité hommes-femmes seront diffusées afin de visibiliser ces matchs mais surtout d’encourager les hommes à consulter le site www.supportersdelegalite.be et les actions qu’ils peuvent mettre en place au quotidien ;

 

Enfin, un film illustrant quelques actions et témoignages sera diffusé en ligne et sur les réseaux sociaux, le 8 mars prochain, journée de clôture de la campagne.

 

 

LES HOMMES S’ENGAGENT : LES AUTRES INITIATIVES

Même si elles n’ont pas encore tout à fait pignon sur rue, les initiatives visant à impliquer les hommes dans le combat de l’égalité hommes-femmes se multiplient ces derniers temps :

- La campagne des Nations unies « He for She », initiée par l’ONU en 2014 et  récemment reprise par Le Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, met en œuvre un mouvement de solidarité pour l'égalité entre les hommes et les femmes. Elle vise à mobiliser les hommes et les garçons pour qu'ils s'engagent activement et pratiquement. 

- « Zéromacho » a également vu le jour en France en 2011. Il s’agit d’un collectif d’hommes francophones rassemblés notamment pour lutter contre les inégalités entre hommes et femmes.

- En 2016, le collectif Georgette Sand a lancé son parfum fictif, « L’homme féministe » qui a été illustré par une campagne photo d’hommes féministes qui n’ont pas peur de se qualifier comme tel, citations à l’appui. L’objectif était de s’affranchir des stéréotypes de genre et de transgresser les normes pour promouvoir une société plus égalitaire. 

- En 2009, l’alliance d’ONG « MenEngage » a été créé. Elle travaille avec les hommes et les garçons pour promouvoir l’égalité femmes-hommes et l’émancipation des femmes au profit de toutes et tous. 

 

 

QUELQUES ACTIONS POLITIQUES À PRENDRE POUR ENCOURAGER L’ÉGALITÉ RÉELLE ENTRE HOMMES ET FEMMES

Un congé parental revalorisé et mieux équilibré

Le congé parental est un congé thématique, à savoir une forme spécifique d’interruption de carrière complète ou partielle, permettant au travailleur de suspendre ou de réduire temporairement ses prestations pour s’occuper de son ou ses enfants.

Le travailleur ou la travailleuse peut le prendre jusqu’aux 12 ans de l’enfant (21 ans si handicap) suivant un système proportionnel (arrêt de 4 mois à temps plein, 8 mois à mi-temps et 20 mois à 1/5ème temps) et moyennant la perception d’un montant forfaitaire, qui n’est pas lié au revenu.

En 2012, 26 % des hommes prenaient un congé parental contre 8 % en 2002. Pour continuer à faire monter ce chiffre, on pourrait adopter une « mesure incitative » qui consiste à offrir des congés parentaux supplémentaires aux deux parents qui prennent l’intégralité de leur congé parental. Afin de lutter contre la précarité qui menace certaines familles monoparentales, il conviendrait également de relever le montant net de cette mesure pour un parent  isolé avec enfant.

 

Rendre obligatoire et allonger le congé de paternité

Aujourd’hui, le congé de paternité est de 10 jours...facultatifs ! Les 3 premiers jours de congés sont payés à 100 % par l’employeur et les 7 autres jours via une allocation à 82 % du montant brut – plafonné.

Souvent par méconnaissance ou pression sur l’emploi, de nombreux hommes ne le prennent toujours pas. Ainsi, l’étude menée en 2010 par l’IEFH a montré que 10,8 % des hommes interrogés avaient rencontré des difficultés lors de la prise ou de la demande de congé de paternité.

Il est donc temps de corriger cette inégalité d’abord en rendant ce congé OBLIGATOIRE et ensuite en augmentant sa durée. Ces jours de congés pourraient également être librement répartis jusqu’à 4 mois après l’accouchement. 

 

Un nouvel acte en faveur de l’égalité salariale

À l’instar de l’Islande qui vient d’adopter une mesure imposant l’égalité salariale aux entreprises, la Belgique peut aller un pas plus loin et, pourquoi pas, renforcer le cadre législatif actuel en s’inspirant du modèle islandais.

 

Renforcer l’éducation à l’égalité

De nombreuses inégalités entre les hommes et les femmes doivent être combattues à la source en déconstruisant, dès le plus jeune âge et tout au long de la vie, les stéréotypes qui conduisent à leur reproduction. L'éducation, la prévention et la sensibilisation sont des armes essentielles pour briser le cycle des inégalités.

À cet égard, le gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles, a prévu d’intégrer une sensibilisation à l’égalité hommes-femmes au sein de la formation initiale des enseignants dans le cadre de sa réforme actuellement en cours. Pour faciliter la mise en œuvre de cette démarche, l’outil www.egalitefillegarçons.be sera bientôt disponible pour les enseignants et enseignantes.

Après l'implémentation de l'éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle au sein des structures de jeunesse, il est également temps de généraliser ces activités au sein de l’école en proposant des animations de qualité dispensées par des professionnels.

Il convient aussi de continuer à promouvoir des choix d’études et de métiers sans stéréotypes auprès des jeunes en continuant l’opération « Girls day – Boys day » dans les classes.

 

Continuer à sensibiliser le plus grand nombre

Les campagnes de sensibilisation constituent des outils nécessaires et indispensables pour impulser des changements de mentalité. À cet effet, une campagne de lutte contre le sexisme dans les transports en commun devrait ainsi bientôt voir le jour.

 

 

ENCART / LES INÉGALITÉS EN CHIFFRES

  • La Belgique est l’un des pays européens où la proportion de femmes travaillant à temps partiel est la plus élevée avec 45 % d’emploi féminin à temps partiel ou à durée déterminée.
  • Au niveau des retraités, les femmes courent 5 fois plus de risques de sombrer dans la pauvreté que les hommes.  
  • Le système de crédit-temps pris pour éduquer un enfant est privilégié par les femmes qui sont plus de 70 % à l’adopter pour seulement 26 % des hommes.
  • Les 10 métiers les plus mal payés en Belgique sont majoritairement des métiers dits « féminins » : coiffeuse, esthéticienne, aides de ménage, caissières, vendeuses, métiers de l’habillement.
  • Parmi les 10 métiers les mieux payés, on retrouve par contre des métiers traditionnellement exercés par les hommes : directeur de société, cadre dans la vente, mathématicien, ingénieur, physicien, gérant de commerce.
  • Environ 2/3 des tâches domestiques sont toujours effectuées par les femmes.